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Politique - Novembre 2015

Attentats à Paris & État islamique

Résumé

Le terrorisme correspond à la réaction irrationnelle qui consiste à se payer de mots. Il met au jour les contradictions des uns et des autres et il n'existe que parce qu'on n'a pas résolu les problèmes qu'on se pose ou qu'on refuse de se poser. L'islam est encore sur la sellette, mais la question étatique est celle de l'ordre.

Les attentats de Paris du 13 novembre 2015 ont donné lieu, comme je l'avais remarqué à propos de ceux de Charlie Hebdo, à de nombreuses manifestations rituelles d'affliction, ex-voto, fleurs ou bougies sur les sites des attentats, manifestations, messes, etc., ou à des déclarations patriotiques, Marseillaises et drapeaux. La véritable nouveauté, que j'approuve entièrement, a été la présentation des noms, des photos et d'une biographie sommaire de chaque victime, encore qu'un peu trop hagiographique sans doute (si ça m'arrive, il serait plus exact de dire que j'ai toujours été un emmerdeur).

Cette présentation des victimes me paraît nécessaire. Pour une catastrophe lointaine, on mentionne parfois un nombre de français sans donner leurs noms. À quoi ça sert de donner seulement un téléphone pour les proches qui sont déjà au courant ? Concrètement, si on a un peu perdu le contact, on peut ignorer qu'on a perdu un ancien ami. Notons aussi que cette actualité dramatique a immédiatement fait oublier les 42 morts de l'accident du car en Gironde, et on n'a presque pas parlé des onze morts au moins de l'accident de TGV en Alsace survenu juste le lendemain de l'attentat ! On commençait pourtant à accuser le gouvernement pour le car, et on n'aurait sans doute pas manqué d'épiloguer sur la SNCF. Nos généralisations médiatiques sont bien peu de choses.

L'important dans cette opération qui consiste à faire le portrait des victimes dans de nombreux journaux est distinct, pour ceux qui éprouvent de la compassion, du fait d'accomplir un rituel impersonnel qui est la marque d'une maladresse bien intentionnée. Avec les moyens de communication actuels, c'est un peu ridicule que toute la planète veuille exprimer ses condoléances à la famille ou veuille se rendre sur les lieux pour participer. On a connu ça au début d'Internet avec les flashs-mobs, rendez-vous en réel qui dégénéraient rapidement. Jouer sur l'émotion est aussi une erreur. Les médias et les politiques la mettent en scène par impuissance à penser l'événement. La solution de donner un visage aux victimes a l'avantage de montrer qu'il s'agissait d'individus avec leur diversité concrète, mais avec aussi leurs points communs, puisqu'il ne s'agit jamais d'échantillon réellement au hasard. Pour bien comprendre de quoi il est question quand on parle des victimes concrètes, il faut lire La Vie mode d'emploi, de Georges Pérec, qui ausculte les histoires de vie particulières des habitants d'un immeuble de Paris.

Mais les rituels ne sont pas suffisants. La rationalité n'est pas impuissante devant un tel phénomène. On ne peut pas se contenter d'imposer des formules consolatrices sans confronter les opinions et les expériences. D'ailleurs, la sidération doit laisser instantanément place à l'action pour les équipes de secours et de sécurité. C'est aussi un devoir immédiat de ne pas entretenir ni augmenter le traumatisme. L'analyse permet aussi de résister à l'angoisse devant l'inconnu. Elle doit être rationnelle pour ne pas être rituelle et manquer son objet. La synthèse doit éviter les tentatives de récupération et apporter un réel éclaircissement sous peine d'augmenter la confusion.

Beaucoup de choses ont été dites. Il faut trier. C'est globalement ce qui s'est passé et c'est ça qu'il faut constater. Immédiatement, s'est mise en place une affirmation de résistance face à l'horreur. C'était d'autant plus nécessaire qu'on ne savait pas si la crise était achevée. Mais l'idée qu'on résiste en allant au spectacle ou en prenant un café en terrasse est un peu simpliste. La récurrence de cet argument a été rapidement moquée. L'humour aussi est un moyen de faire face aux difficultés et de rectifier les raisonnements fautifs. La petite histoire retiendra la constitution d'un « mème » (ou simplement d'une série de blagues) sur le logeur des terroristes qui prétendait ne pas être au courant de leurs intentions. Rituels, humour, il faut être conscient que ces réactions relèvent plutôt de la différence entre résistance et résilience. La diffusion de ce dernier terme a apporté une précision utile et universelle à l'étude des comportements en cas de crise. Mais c'est un simple substitut moderne à résignation.

Expliquer le terrorisme

Ceux qui aiment jouer sur les mots ont refusé le terme de guerre. Comme si les morts des autres conflits préféraient être tués par des soldats réguliers ! C'est évidemment une erreur. D'ailleurs, la stratégie militaire ne dédaigne pas de chercher à démoraliser les populations civiles. Tout le monde est au courant que la cause de ces attentats relève des séquelles des interventions occidentales au Moyen-Orient depuis les deux guerres du Golfe. Ce n'est pas la peine de remonter aux Croisades comme le prétendent les islamistes. Et l'intimidation de ceux qui interdisent de le dire ou parlent de « trouver des excuses aux terroristes » n'est qu'une rhétorique politicienne sans intérêt, qui tente banalement d'accuser des adversaires politiques locaux. J'ai déjà souligné que la politique consiste à sélectionner ceux qui font semblant de croire à ce genre de falsifications.

Concrètement, si les gouvernants ou les militaires imaginaient qu'il n'y aurait pas des réactions de ce genre, il faudrait qu'ils enregistrent qu'ils se sont trompés. Ce n'est évidemment pas la réalité et les services concernés se préparent quotidiennement à ces possibilités. Voudrait-on qu'ils n'échouent jamais ? Faut pas rêver non plus. D'ailleurs, on peut remarquer que l'opération terroriste sur le territoire français a démarré en Belgique. Ceux qui doutent ou s'opposent à une coordination internationale doivent en tirer la leçon. Contre les failles des dispositifs de protection, il faut identifier rationnellement les risques. Les gesticulations médiatiques ou moralisatrices sont inutiles.

Ces actes terroristes ont aussi déclenché immédiatement une thématique qui me paraît douteuse : « expliquer le terrorisme aux enfants ». J'ai plutôt l'impression qu'il s'agit d'infantilisation. Les enfants savent ce qu'est la mort. Et si ce n'est pas le cas, ça devrait l'être. On disait dans les années 1970-80 qu'on ne montrait pas la mort. C'est bien fini. On a commencé par la montrer au cinéma et la télévision actuelle, outre les catastrophes naturelles et les guerres réelles, détaille les dissections par des médecins légistes dans les séries américaines ! Il est vrai qu'elles sont en concurrence avec des fictions moins réalistes qui mettent en scène des vampires justiciers, des tyrannosaures gentils ou, comme on sait, des tortues ninjas. Rappelons que les ninjas sont des assassins, puisqu'on en parle. Et c'est vrai aussi que la télévision américaine bipe les mots crus qu'elle ne veut pas que les enfants entendent. Le problème évident est qu'il n'y a pas que des enfants qui écoutent et que l'infantilisation est donc la norme apprise.

L'euphémisation académique ou la censure militaire sont du même ordre avec le même résultat contre-productif. Ce sont précisément les occultations qui donnent l'impression d'un monde incohérent et renforcent le malaise, dont le terrorisme est justement une des conséquences directes. On croit bien faire et ça foire. Les morts du Bataclan, des terrasses des Xe et XIe arrondissements ou du Stade de France sont bien des victimes collatérales de la déstabilisation imprudente du Moyen-Orient, spécialement après les atermoiements à propos de la Syrie, dont j'ai parlé ailleurs. La résilience réelle suppose l'absence de négation de la réalité. Sinon, on comprendrait l'accusation de bisounours, et surtout, on risquerait de ne pas se prémunir contre de nouveaux attentats.

Les djihâdistes sont aussi des jeunes Français. Il faut en tenir compte. Et c'est bien ceux qui se rendent dans cette zone moyenne-orientale qu'on surveille. J'avais noté qu'ils n'étaient pas partis pour soutenir le Printemps arabe, mais plutôt le djihâd salafiste anti-chiite. J'avais regretté qu'on n'ait pas encadré une aide massive aux réfugiés syriens dans les camps turcs, libanais et jordaniens, ce qui aurait sans doute évité leur situation actuelle, et permis à ceux qui « voulaient faire quelque chose » de ne pas se trouver dans une mauvaise situation ou de se perdre dans la radicalisation. L'intervention spécifique de l'armée française explique les rétorsions visant la France, mais les opérations suicide montrent un engagement total de la part de ces jeunes. Il ne faut pas vraiment s'en étonner. C'est souvent le propre de la jeunesse. C'est aussi le cas des militaires qui doivent être prêts à accepter le sacrifice ultime. Refuser l'équivalence est une erreur. C'est ça qu'il faut expliquer aux grands enfants qui l'ignorent.

Mode de vie

Penser que les terroristes se sont attaqués à notre mode de vie est sans doute exagéré. Ils ont surtout visé des cibles faciles. L'interprétation en question résulte d'ailleurs beaucoup de l'échec partiel de l'attentat du Stade de France qui a polarisé l'attention sur les quatre-vingts victimes du Bataclan. Cette question du mode de vie est d'autant plus fausse qu'il est possible que les terroristes aient visé des lieux qu'ils fréquentaient eux-mêmes. C'est ce que je m'étais dit dans les années 80-90 à l'occasion des attentats contre les magasins Tati ou Gibert.

Curieusement, en ce qui concerne les lieux de sociabilité bobos, on peut noter au contraire que ce sont plutôt certains traditionalistes français qui en font leurs cibles favorites. L'époque est au bobo-bashing généralisé. C'est le festival ! Du coup, ériger le bobo en martyr de notre idéal du « vivre ensemble » relève de la tartuferie. Le pot aux roses a été éventé à plusieurs reprises. Rue89 Lyon signale que « les victimes du Bataclan [ont été] qualifiées de frères siamois des terroristes par un prêtre lyonnais ». Le prélat peu charitable a été mis en congé méditatif par son évêque. Il prétendait aussi que le groupe de rock avait des tendances satanistes, ce qui a d'ailleurs été contredit puisque le chanteur du groupe Eagles of Death Metal serait un militant chrétien traditionaliste, contre l'avortement et favorable aux armes. La confusion règne dans tous les camps. Et ce groupe devrait changer de nom.

Mieux ! Coïncidence étonnante sur le sujet, il se trouve que je m'étais personnellement opposé auparavant à une des victimes du Bataclan, Matthieu Giroud, maître de conférences en géographie à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée, pour ses travaux sur la gentrification, phénomène qui vise tout spécialement les bobos de ce quartier. Le site La vie des idées avait publié récemment son texte : Mixité, contrôle social et gentrification. Son travail universitaire-militant légitimé par son statut déguise la stigmatisation populiste du bobo bien dans l'air du temps. Les condoléances du site La vie des idées n'abolissent pas la science. Sa mort sur son terrain d'enquête (s'il n'est pas en mission du CNRS) vaut réfutation de ses thèses (et s'il est mission, cela relève plutôt de la concussion). Il n'est pas le premier à jouer sur les deux tableaux. J'ai déjà mentionné que Zemmour lui-même avouait sur itélé qu'il était un bobo opposé à l'idéologie bobo.

Islamisme radical

Un article remarqué d'Olivier Roy parle d'« l'islamisation de la radicalité » en inversant donc l'hypothèse habituelle de la radicalisation de l'islam ! Le principe des jeux de mots hégéliens était un peu passé de mode depuis la fin du marxisme triomphant, mais ça marche toujours. Si tel était le cas, que signifie la radicalité ? On peut remarquer que les jeunes Français musulmans de souche ou convertis sont souvent d'anciens petits délinquants. Faut-il y voir un équivalent aux bandits d'honneurs ou des anarchistes autour du début du XXe siècle ? Leur révolte dériverait-elle de l'assignation islamophobe par la société française ? Seraient-ils finalement plus attachés qu'on le croit au mythe républicain dont ils ont été en partie exclus ? On peut mal le vivre et un certain nombre peut mal réagir et s'enfoncer dans la marginalité. Le précédent de Coulibaly, attaquant de l'Hypercasher le 11 janvier 2015, pourrait le corroborer. Il avait effectivement mal vécu la mort d'un de ses complices tué par la police. Curieuse trajectoire : il avait rencontré le président Sarkozy avant son tournant terroriste. Autre histoire personnelle.

On signale aussi que les terroristes avaient des vies normales de jeunes de leur âge, parfois timides ou tranquilles avant de se radicaliser brusquement. Ces trajectoires ressemblent à celle des tueurs de masse américains ou du terroriste norvégien Anders Breivik. On remarquera que Richard Millet qui en avait fait l'éloge est toujours en liberté. Le mode opératoire très méthodique correspond bien à l'idée de la « perfection littéraire » de cet auteur à succès, reçu pour cela à la télévision française.

La conséquence évidente des attentats est qu'elle met encore une fois les musulmans sur la sellette. J'ai déjà traité définitivement la question de la « repentance islamique » (je traite toujours les questions définitivement, c'est mon truc), ou je disais, en résumé, qu'il ne faut pas faire semblant de s'étonner de ce qu'on sait ni escamoter les problèmes. Les musulmans de souche ou de conversion n'ont pas à s'excuser du terrorisme, mais ils doivent s'interroger sur leur religion. La question a été bien posée par une vidéo qui a rencontré un grand succès sur les réseaux sociaux. Elle traitait du fait de ne pas s'enfermer dans une solidarité communautaire ou une omerta pour des actes qu'on réprouve. Son auteur prenait donc le parti de la dénonciation des terroristes si le cas se présente. C'est parfaitement cohérent et concret et on remarquera que ça n'avait jamais été dit aussi clairement. Ce ne sont pas les Corses qui le démentiront.

Mais ce n'est pas suffisant. Il ne s'agit pas de trop exiger, mais de reconnaître le problème. Le cas spécifique de l'État islamique est bien l'application radicale d'un islam traditionaliste qui va jusqu'à prétendre instaurer le djihâd universel et l'esclavage des non-musulmans (outre les pratiques qu'on tolère chez les Saoudiens et autres). C'est du lourd. Cette conception littéraliste de la religion ressemble beaucoup à l'extrémisme américain des Tea parties anti-darwiniennes et autres délires anti-Obama (ce n'est guère mieux en France avec le déchaînement raciste anti-Taubira). C'est une question qui se pose un peu partout dans un contexte où le retour aux traditions culturelles locales semble être l'alpha et l'oméga de la pensée moisie.

Dans mon article sur la repentance, je disais que la question était la liberté religieuse et celle du pluralisme. Ici, la question est aussi le contenu même de la religion. Si on peut croire ce qu'on veut en situation de liberté religieuse, l'approche littérale engage bien la responsabilité de toute la communauté puisqu'elle se fonde sur la source commune. C'est ce qui permet aux athées de condamner les religions en pointant les passages justifiant la violence ou contenant des absurdités (généralement démenties par les sciences). Les croyants plus raisonnables ou pacifiques ne peuvent pas se contenter de se démarquer des terroristes. Il faut forcément oser en conclure que l'approche du texte religieux relève d'une interprétation symbolique ou nécessite une modernisation. On ne peut pas faire semblant. C'est pourtant ce double jeu qui caractérise les religions en donnant aux fanatiques le sentiment factice d'une approbation et aux mafieux la possibilité d'afficher leur religiosité. Les religions ont toute tendance à pardonner à ceux qui confessent ostensiblement leur foi.

En défense des musulmans, on a objecté qu'on ne reproche pas aux chrétiens le Ku Klux Klan. Ce n'est pas exact. On leur reproche le racisme et l'esclavage, comme on reproche au Pape Pie XII sa passivité envers le nazisme. Et d'une façon plus générale, on condamne effectivement les dérives passées (inquisition, procès en sorcellerie, guerres de religion, génocides, stalinisme, etc.) des religions ou des idéologies globales. Il ne s'agit pas seulement ici d'histoire ou de dérives individuelles. Cette organisation se revendique de l'islam authentique. La situation exige une explicitation théologique. On a généralement tort de croire que les radicaux sont sommaires, c'est au contraire le laxisme de la routine qui provoque une réaction fanatique.

Mais les croyants croient-ils vraiment à leurs mythes, comme s'interrogeait Paul Veyne à propos des Grecs antiques. Si les fanatiques religieux prétendent instaurer une fidélité aux textes qui justifient une dictature et se livrent à des génocides, comme ça c'est souvent produit dans les phénomènes messianiques, certains doivent s'interroger. Après les attentats contre Charlie Hebdo, des dessins humoristiques ont supposé que les terroristes risquent d'être déçus en ce qui concerne les soixante-douze vierges. Outre ce jeu sur les mythes par des humoristes athées qui admet (pour la forme) l'hypothèse de la vie après la mort, la question spécifique doit être réglée. Les musulmans devraient enseigner à leurs enfants qu'il s'agit d'une allégorie qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre du Coran. Sinon, il ne faut pas qu'ils s'étonnent que des cons se fassent péter la gueule pour prendre leur pied pour l'éternité (encore que soixante-douze vierges pour l'éternité, ce n'est finalement pas beaucoup). Et si les terroristes ne croient pas à ces histoires ou y croient sans y croire, c'est qu'ils deviennent des martyrs pour une autre raison. Il ne faut pas se tromper de raisons quand on veut étudier les causes.

C'est vrai que quand on commence à discuter, tout le reste s'effiloche, et tout le monde n'en est pas capable non plus. Discutons donc. Parce que c'est en discutant qu'on devient compétent. Pour ne vexer personne, on peut prendre un autre exemple. Dans les films américains sortant pour la période des fêtes de fin d'année, on trouve très souvent des histoires fondées sur des enfants qui croient au Père Noël, avec les parents ou qui que ce soit dans ce rôle. Presque toujours, un retournement final semble dire que le Père Noël existe bel et bien. C'est une extension hollywoodienne du respect des croyances qui frise la démagogie et pour tout dire l'infantilisation. Les Américains sont de grands enfants. Mais la question est bien de savoir ce qu'il faut faire des mythes. Bon, je n'ai pas l'esprit de Noël.

On peut aussi lire ces dérives terroristes comme une extension du gangstérisme. L'État islamique lui-même correspond simplement à la conquête d'un fief par des mercenaires qui savent où est l'argent du pétrole. Ils ne sont pas les seuls intéressés par le pouvoir et l'argent. Les deux Guerres du Golfe ont été lues de cette manière. Islam ou démocratie sont des slogans qui attirent le soutien de sponsors pour financer des prises de risques. Les gangsters aussi savent qu'ils peuvent mourir, et les résistants savent que l'argent est le nerf de la guerre. J'avais rappelé ailleurs que les anarchistes espagnols des Gari avaient pris conscience que leur action directe sous Franco consistant à faire des hold-up pour la cause finissait par servir à financer seulement la clandestinité. Des révélations récentes sur la résistance française au nazisme ont confirmé des détournements de fonds. Et plus généralement, les États légitimes ont été fondés par des aventuriers qui ont réussi dans la piraterie. L'erreur consisterait à croire qu'on a affaire à un cas particulier avec l'État islamique. Il n'est de science que du général.

Jacques Bolo

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