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Méthodologie / Recherche - Mai 2014

Défense universitaire des beaufs contre les bobos

Résumé

Un universitaire, Pierru, dans sa défense des beaufs contre les bobos, croit pouvoir me faire fermer ma gueule par ses intimidations délirantes. Du fait de ce désaccord, il se permet de nier la totalité de mon travail (sans parler de ma personne). L'université est tombée bien bas si elle tolère cette négation de toute compétence qui n'est pas sanctionnée par un statut académique. On croyait ce corporatisme périmé. On est obligé de constater que c'est un fait social qui persiste.

Cet échange a eu lieu sur Médiapart du 29 mai 2014, dans les commentaires du billet de Michel Feher : « Bobo, ou le salut de la gauche », qui voit dans le bobo : « une armature éthique dont une gauche désemparée a le plus grand besoin. »

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29/05/2014, 15:46 | Par Myrtille C

Le bobo est à la droite ce que le beauf est à la gauche.
Refaire l'article en titrant : Le beauf, ou le salut de la droite.



29/05/2014, 16:14 | Par puramole en réponse au commentaire de Myrtille C le 29/05/2014 à 15:46

Le bobo est un fantasme du beauf de droite. En réalité il n'existe pas, c'est ce qui est dit de façon très argumentée dans ce bon article. On ne vote pas à gauche parce qu'on est un traître à la droite, mais parce qu'on partage des valeurs en commun avec la gauche, la gauche historique, pas celle qui est actuellement au pouvoir. On ne vote pas à gauche parce qu'on est riche, ni parce qu'on ne côtoie pas les immigrés, ni parce qu'on est un intellectuel qui méprise le peuple. On trouve des personnes de gauche dans toutes les classes sociales, dans tous les quartiers, tous les groupes ethniques. Et s'il existe des "traîtres" en politique, ce sont bien les pauvres qui votent à droite. Eux seuls se tirent une balle dans le pied, par bêtise, par ignorance ou parce qu'ils sont victimes de la propagande de droite, celle qui a créé les "bobos". C'est triste mais il faut le rappeler : historiquement, la gauche est issue de la classe ouvrière, la droite de la bourgeoisie.

Je ne suis pas vraiment d'accord avec l'aspect traditionnel de cette analyse de la gauche qui aboutit à l'impasse actuelle. Elle est d'ailleurs contradictoire puisqu'"on trouve des personnes de gauche dans toutes les classes sociales" (et Marx, Jaurès, etc., étaient des bourgeois, pour ne pas dire des bobos). Voici mon explication de la situation actuelle :

29/05/2014, 16:47 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de puramole le 29/05/2014 à 16:14

Le bobo, c'est la réalité d'une éducation généralisée (ce qui correspond bien à "la bohème" de l'époque où ce n'était qu'une élite - 1% de bachelier en 1900, 4% en 1936, 10% en 60, 70% aujourd'hui). Et pas leur richesse du fait des très nb intellos précaires en France (contrairement aux USA où les études supérieures sont très chères), ou simplement des fonctionnaires pas trop payés.

Etre contre les bobos, c'est surtout un truc de beaufs anti-culture, style "Abajo la inteligencia" des franquistes. Ou à la rigueur, une simple jalousie contre les intellos branchés les plus riches de la part des autres, avec des arguments prolétariens bidons (dans les deux cas d'ailleurs).

NB. La critique des bobos est ancienne avec Brétécher par exemple, dans le Nouvel Obs en plus ! Mais là, c'est différent.

C'est là qu'intervient Pierru, qui se sent visé, en prenant la défense du populisme en débat en faisant valoir ses titres académiques (à la fin, dans l'extrait d'un autre fil de discussion, il reconnaîtra aussi qu'il méprise le milieu intellectuel auquel il appartient pour préférer "les classes populaires").

29/05/2014, 19:13 | Par PIERRU en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 29/05/2014 à 16:47

Et quand le type qui écrit sur les bobos a bac + 10, est au CNRS, qu' il lui arrive d'être invité dans des émissions de France Inter et France Culture, qu'il est militant de gauche et qu'il dépense tout son pognon en bouquins et en disques, ça veut dire quoi ? Qu'il est dans la haine de soi ? ;-) Je savais que je devais démarrer une psychanalyse pour chasser le gros beauf de droite qui est en moi... Ah, non, zut, c'est super bobo ça ;-)) Votre réfutation de ce terme polémique et politique me fait penser aux théories de la moyennisation de la société française de feu Mendras. A écouter ce sociologue, la société allait se fondre dans une gigantesque classe moyenne... Là c'est toute la société qui devient bobo... Evidemment ce débat tient au fait que l'on ne définit pas cette notion de la même manière. Si l'on parlait comme Bourdieu, on dirait que les bobos sont la fraction dominée (capital culturel +/capital éco -) de la classe dominante (capital économique +/capital culturel -). Et ne vous en déplaise, ça existe ! D'ailleurs j'en rencontre plein...

Les +/- de Bourdieu ne marchent pas puisque le bobo riche existe aussi. Mais ici, Pierru se croit concerné par "Abajo la inteligencia" et devrait plutôt l'être par la jalousie (la tendance actuelle de parler des super riches me paraît louche).

29/05/2014, 19:37 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de PIERRU le 29/05/2014 à 19:13

Ce que je dis, c'est que la différence avec la période précédente, c'est le niveau d'éducation (bac) qui s'est bien généralisé, et le niveau sup qui s'est largement étendu. Avant, le niveau éducatif s'était multiplié dans les mêmes proportions (x4), mais à partir de 1%. Ca, c'est un fait. Et ce qu'on appelle bobo en est la conséquence. Le modèle Bourdieu est faux précisément parce qu'il concernait la période où la gauche était une petite élite qui guidait les masses (voir "Bourdieu et l'inégalité des chances") L'erreur est de croire que ce qui était conjoncturel est structurel.

L'erreur du beauf antibobo et anticulture (outre le côté antisnob classique) est qu'il est lui-même cultivé (ce qui vous permet de me répondre, et plus vous me répondrez, plus vous aurez donc tort). Mais il regrette la période antérieure parce qu'il n'a pas mis à jour ses représentations de la culture (côté Finkielkraut) et en particulier reste sur des clichés franchouillards à l'époque de la mondialisation (voir ce que j'ai écrit sur "Max Gallo: Astérix le Gallo... romain").

Mon explication, que j'ai déjà donnée plusieurs fois, est que dans les années 90, le publish or perish des universitaires les a fait rechercher la seule "reconnaissance par les pairs" et ils se sont enfermés dans leur tour d'ivoire, alors qu'auparavant, c'était l'apothéose des sciences humaines (à Apostrophe en particulier). Les nouvelles chaînes de télé se sont fait concurrence dans la provoc ou le bling-bling (résultat: Dieudonné et Sarkozy, par ex).

D'un point de vue national, précisément, voire nationaliste, comme je l'ai dit aussi, le FN plombe la France depuis 30 ans avec ses conneries au lieu de nous préparer à la concurrence internationale. Le responsable du déclin de la France, ce n'est pas l'Europe, c'est le FN et le souverainisme.



29/05/2014, 21:52 | Par PIERRU en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 29/05/2014 à 19:37

Vous êtes un excellent dialecticien. En effet, vous répondre prouve... que vous avez raison ! Poilant. Bon, ok, Bourdieu avait tort. Encore un intello réac. Dingue ça, ces types éclairés qui campent des positions réacs. La distinction conjoncture/structure est inepte car justement Bourdieu a montré que la structure sociale se reproduit en se translatant (l'essentiel étant de conserver les écarts sociaux : tout le monde peut avoir accès à l'éducation, l'essentiel est que par exemple les grandes écoles recrutent de plus en plus sélectivement tandis que les classes populaires et moyennes inférieures vont peupler les bancs de facs appauvries). Ce que vous dites sur le publish or perish est un pur fantasme dans la mesure où cette injonction ne s'impose, inégalement et à petits pas, que depuis disons la fin de la première décennie 2000 (mais votre culot ne manquera pas de dire que j'ai tort bien qu'étant aux premiers rangs pour le voir). Je vous l'accorde : je suis un beauf éduqué réac. Et vous un être de(s) lumières sûrement encarté au PS, ce temple de l'ouverture au monde et de la tolérance....

Bourdieu a commencé par dire que la filière noble, c'était les lettres classiques, les grandes écoles, c'est plutôt aujourd'hui (autre confusion conjoncturel/structurel).

Sinon, la dialectique est plutôt dans la rhétorique méprisante, la fausse ironie et l'argument d'autorité.

En l'occurrence, "si non a, a, alors a" est de la simple logique : ici, le fait d'être soi-même (très) éduqué montre bien la diffusion de la culture et la généralisation de la boboïtude (mais les pseudo-sociologues se croient en dehors de leur champ d'observation, et régressent ainsi à la philosophie classique).

Même Zemmour avait reconnu qu'il était un bobo, mais un bobo qui s'opposait à l'idéologie bobo. C'est ce que fait aussi Pierru, en essayant de sauver les archaïsmes de Bourdieu (à son époque, son intérêt était de faire accepter la sociologie par la gauche, stalinienne à l'époque : ça a trop bien marché)..

30/05/2014, 00:44 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de PIERRU le 29/05/2014 à 21:52

Vous êtes effectivement un beauf éduqué réac. Il y a toujours eu des réacs éduqués.

Le publish or perish date plutôt des années 90, mais c'était les débuts. Et je parlais bien de la fermeture sur soi de l'université. On voit les effets maintenant. Et Bourdieu, comme je l'ai montré plusieurs fois, racontait souvent n'importe quoi (au passage, j'ai aussi montré - texte à l'appui - qu'il avait justifié minablement cette position "gauche populaire" : [cf.] "Pierre Bourdieu n'existe pas").

La connerie vient de loin (de l'époque stal en particulier).



30/05/2014, 02:07 | Par PIERRU en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 30/05/2014 à 00:44

"Bourdieu, comme je l'ai montré plusieurs fois, racontait souvent n'importe quoi (au passage, j'ai aussi montré - texte à l'appui - qu'il avait justifié minablement cette position "gauche populaire" : Pierre Bourdieu n'existe pas)."

La vache, ça n'est ni la modestie ni la politesse qui vous étouffent. Si vous l'avez montré, alors... Bourdieu ne s'en remettra pas (je préviens immédiatement mes collègues sociologues et politistes : il faut arrêter de citer ses travaux). Je pourrais vous répondre sur le même terrain, mais je ne le ferai pas. J'ai de la tenue. J'ai lu votre prose. Je vous confirme que c'est aussi prétentieux qu'inepte (et cette manie que vous avez de vous auto-citer est hilarante). Je vous laisse à vos certitudes qui doivent vous rendre heureux. C'est l'essentiel. Je pense, en vous lisant, à cette phrase d'Audiard "deux cons qui marchent vont toujours plus loin qu'un intellectuel assis". Disons qu'on est les cons et que vous êtes l'intellectuel assis. Fin de la discussion (prévenez moi dès que vos oeuvres complètes sont publiées chez la Pléiade).

Mauvaise analyse évidente de la citation d'Audiard. Pierru n'en retient que l'anti-intellectualisme. Ce qui est bien une position réac.

Apparemment, Pierru, à ce stade, n'avait lu que le titre de mon article et n'avait pas poursuivi jusqu'à la citation de Bourdieu, qui est un vrai scoop sur le sujet du populisme.

30/05/2014, 09:22 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de PIERRU le 30/05/2014 à 02:07

Vos arguments sont des répliques formelles et des alignements de clichés.

J'ai dit "texte à l'appui". Il suffit d'aller voir.

Eh oui, c'est comme ça que ça marche. Pas par argument d'autorité et intercitations qui n'ont aucune valeur en tant que telles. Répéter ce que tout le monde dit sans aller voir les réfutations, c'est le propre du dogmatisme. Inutile de dire que ceci explique le niveau minable de l'université française.



30/05/2014, 10:33 | Par PIERRU en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 30/05/2014 à 09:22

Vous ne pensez quand même pas que je vais vous faire un cours sur Bourdieu sur ce fil ? Vous êtes sérieux ? Votre commentaire de l'article L'opinion n'existe pas, qui est un classique enseigné dans les facs de science po, est d'une imbécillité rare, bourré de contresens et de hors sujet... Pour votre information, cet article renvoie à un ensemble d'analyses publiées dans La Distinction qui ont été approfondies par Daniel Gaxie dans Le cens caché à la fin des années 1970 ; que ces travaux séminaux ont donné à de multiples enquêtes sociologiques sur la notion de compétence politique et la façon de la mesurer dans les années 1980 - 2000 ; ça a dû vous échapper. Je ne sais pas si l'université est d'un niveau minable, mais je sais par contre pourquoi vous devez vous contenter d'écrire vos âneries sur un blog et non dans des revues académiques à comité de lecture... "Un con ça ose, c'est même à ça qu'on le reconnaît" : et vous, vous osez énormément de choses ! Cela doit être le privilège de l'ignorance.

Le mec croit que "faire un cours" est une marque d'autorité (même quand il ne le fait pas, en plus !). On voit comment il fonctionne. L'article de Bourdieu est un classique. On le cite. Mais on ne le lit pas (sinon, on aurait vu que ce que je disais est exact). Je parlais du texte original et du fait qu'on le citait comme un dogme. J'ai été le premier surpris en le lisant (puisque c'est effectivement une référence souvent citée que je connaissais comme telle).

30/05/2014, 15:19 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de PIERRU le 30/05/2014 à 10:33

Vous savez, les comités de lecture des copains de Bourdieu ne vont pas critiquer Bourdieu. Et ça prétend être de la science. En fait, cette analyse est simplement dans la lignée d'une conception complotiste coco contre la bourgeoisie. Il suffit de lire l'extrait suivant pour comprendre par soi-même:

« Révélation étonnante, Bourdieu cite des études américaines qui montrent que les classes populaires sont plus autoritaires et plus conservatrices. On reconnaît les questions actuelles qui animent la « gauche populaire », après la « droite populaire ». [ce qui était bien le débat] Il se livre donc à des contorsions en parlant « d'éthos de classe » (évoquant son concept fétiche d'« habitus ») pour excuser ce côté réactionnaire et pour le contredire en parlant du progressisme des réponses concernant les luttes sociales. La gauche populaire et la droite Soral-Zemmour seront heureuses de confirmer que Bourdieu les soutenait en 1972 en distinguant entre les questions sociétales et les questions sociales en ces termes :

« Bref, la proposition 'Les classes populaires sont répressives' n'est ni vraie ni fausse. Elle est vraie dans la mesure où, devant tout un ensemble de problèmes comme ceux qui touchent à la morale domestique, aux relations entre les générations ou entre les sexes, les classes populaires ont tendance à se montrer beaucoup plus rigoristes que les autres classes sociales. Au contraire, sur les questions de structure politique, qui mettent en jeu la conservation ou la transformation de l'ordre social, et non plus seulement la conservation ou la transformation des modes de relation entre les individus, les classes populaires sont beaucoup plus favorables à la novation, c'est-à-dire à une transformation des structures sociales. Vous voyez comment certains des problèmes posés en Mai 1968, et souvent mal posés, dans le conflit entre le parti communiste et les gauchistes, se rattachent très directement au problème central que j'ai essayé de poser ici : celui de la nature des réponses, c'est-à-dire du principe à partir duquel elles sont produites. L'opposition que j'ai faite entre ces deux groupes de questions se ramène en effet à l'opposition entre deux principes de production des opinions : un principe proprement politique et un principe éthique, le problème du conservatisme des classes populaires étant le produit de l'ignorance de cette distinction. »

On comprend très bien que Bourdieu défend les syndicalistes qui sont dans la ligne. Bien que très daté (de l'époque où l'on répétait la position du parti), chose amusante, c'est exactement le débat actuel sur les bobos et le sociétal. Bref. C'est ça une démonstration. Cartes sur table. C'est pas l'argument d'autorité minable qui prétend interdire la critique des maîtres ou du parti!!! Je comprends parfaitement que vous ne le compreniez pas. Votre habitus est celui des lèches bottes qui vont à la soupe. Et puisqu'on en parlait, c'est précisément ça qui décrit l'état actuel de la classe politique (et académique). Une longue sélection de médiocres béni-oui-oui.

Je suis obligé de reprendre cette partie de mon article. Parce que la méthode de Pierru est connue, c'est celle des communistes qui insultaient les opposants et les dissidents, d'une position d'autorité, pour que les militants les évitent. On peut considérer que la méthode s'est diffusée comme "compétence politique".

30/05/2014, 18:05 | Par PIERRU en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 30/05/2014 à 15:19

Vous faites peur : on dirait un petit commissaire politique qui cherche à déceler derrière le savoir accumulé et produit selon une logique autonome, les arrières pensées politiques... Vous rabattez les sciences sociales sur des lignes politiques pures et simples ou des complots hourdis par des bandes de copains. Et vos insultes répétées attestent de la faiblesse de votre pensée. Juste une chose, que je sois une merde, ok. Mais comment expliquez-vous que Bourdieu soit l'un des intellectuels les plus cités dans le monde, y compris aux Etats-Unis ? Jacques Bolo a tout compris, tout seul, contre tous les universitaires et chercheurs du monde... Trop fort le Bolo(sse). Vous êtes pathétique. Je vous laisse à votre misère intellectuelle. Je n'ai pas de temps à perdre avec un cinglé comme vous dont chaque mot suinte le ressentiment à l'égard d'une institution académique qui n'a semble-t-il pas voulu reconnaître votre génie (comme on la comprend !). De cette blessure narcissique sort une prétention qui confine à la folie : Bolo dit son fait à Bourdieu ; Bolo réfute Boudon ; Bolo explicite toutes les erreurs de Rancière, Salmon, Chomsky, Winock, Finkielkraut, Serres... Merci qui ? Merci Bolo ! Vous n'êtes pas loin de l'asile. Pour le moment vous êtes juste ridicule et certains de vos billets sont juste hilarants de prétention sentencieuse (j'en ai même fait suivre à des collègues, par exemple ce petit bijou : "On voit avec ce petit livre que les intellectuels sont encore beaucoup trop confus. Ils ne savent pas se concentrer sur une question pourtant simple et mobilisent leur culture sans aucune méthode. Ils se débattent encore avec leurs anciennes catégories, et quelques nouvelles guère plus pertinentes, qu'ils appliquent à tort et à travers" : n'est pas Bolo qui veut hein ! Nous, on est que des tâcherons, lui c'est un génie). Vous êtes collector. PS : les médiapartiens ne s'y trompent pas car vos billets semblent faire des bides retentissants... PS 2 : n'oubliez pas de tirer la chasse derrière vous.

Culotté, l'apprenti stal ! Il continue alors qu'on montre les preuves. Et il pète les plombs, à l'intimidation, au point que c'est lui qui fait peur.

J'ai remarqué que certains profs ne sont pas habitués qu'on manifeste un désaccord. Ils ne sont pas habitués à discuter avec des adultes au lieu d'un public captif sur lequel ils ont autorité. Et ils croient que cette autorité porte sur le contenu, alors qu'elle concerne le statut. Et la soumission.

Sa citation d'un de mes textes concerne un livre de circonstance, de Badiou et al., précisément sur la question du "peuple", constitué d'un recueil d'articles (d'ailleurs opposés à la défense du populisme) dont je relève les incohérences. Les autres références concernent des critiques de livres, que Pierru balaie de son autorité et de son ironie méprisante, sans les avoir lus pour le moment, et sa méthode s'aggravera de mauvaise foi quand il le fera. Il pourrait dire qu'il n'est pas d'accord sur certains points. Mais non, tout est à foutre à la poubelle. Méthode politique stal du "Qui parle ?".

30/05/2014, 19:25 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de PIERRU le 30/05/2014 à 18:05

"Bourdieu soit l'un des intellectuels les plus cités dans le monde, y compris aux Etats-Unis" C'est censé prouver quoi ?

Peut-être pourriez-vous vous attacher à nous montrer en quoi Bolo se trompe sur tel ou tel point ? Ce serait plus utile que de le traiter en chien crevé. Me semble-t-il.



30/05/2014, 20:34 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 30/05/2014 à 19:25

Laisse, ma poule, ce type est un bon exemple des impostures intellectuelles sur quoi l'université se fonde depuis l'origine (c'est la Sorbonne qui condamnait au bûcher). Il croit que l'autorité est dans le statut et ne reconnaît pas un raisonnement, parce qu'il ne sait tout simplement pas ce que c'est. Il n'a pas appris le pauvre.

C'est un peu le même défaut que Chomsky. Il sait faire des phrases. Mais pas plus. Et au final, il croit que c'est inné. (NB. Je plaisante, mais pas que).

Ma spécialité est précisément l'analyse des erreurs, comme je le dis à la fin du texte sur Badiou de l'extrait qu'il donne. Mon idéal, comme c'est une de mes spécialités, serait d'automatiser le processus. Ce serait pas triste.

NB. Une explication simple de son comportement, puisqu'il est évident qu'il ne fait que des attaques personnelles en se revendiquant de ses collègues, est qu'il ne sait pas penser tout seul et qu'il a besoin du groupe. Ce qui réfute au passage son attaque sur le commissaire politique, puisque je dis ce que je pense, pas ce que pense le parti. Et il comprend ça comme de la folie, comme tous les stals.

PS. Sur le ressentiment, il faut lire ce que j'ai écrit sur Max Scheler, et sur l'explication de ma non-carrière universitaire. Ce que j'ai écrit sur les "Infortunes de Raymond Boudon"(et les miennes) à propos de son récent décès. Sinon, y a aussi "Un cas de plagiat universitaire analysé" sur le plagiat dont j'ai été victime. Mais là, pas de ressentiment, ce serait plutôt une confirmation jubilatoire de l'idée que je me fais des universitaires.

Et ça continue...

30/05/2014, 21:11 | Par PIERRU en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 30/05/2014 à 20:34

Parce que franchement vous croyez que je vais perdre du temps à réfuter des délires de parano narcissique ? Croyez-le ou non, j'ai autre chose à faire ! Et puis, je m'incline devant votre génie ! Car : Histoire, sociologie, philosophie, linguistique, science politique, économie, rien n'échappe à votre compétence... Et la physique quantique ? La chirurgie orthopédique ? La biostatistique ? L'immunologie ? La mécanique des fluides ? Il faut y aller, on attend vos lumières ; ça serait dommage de priver ces disciplines de votre génie... Bolo, l'Intellectuel Total. Putain, on se sent petit... Dire que nous, pauvres universitaires et chercheurs, on est obligé du fait de notre petit QI de se spécialiser dans une discipline et sur un thème... Pfff... trop dégoûté ! En fait, votre pseudo-discipline "d'analyse d'erreurs" (sic : vachement original !) n'est que la rationalisation foireuse et pseudo-intellectualisée d'un ressentiment qui vous possède complètement. Vous ne discutez rien : vous réglez des comptes. Vous avez la réponse avant d'avoir lu : "c'est un imposteur ! C'est un incompétent ! C'est un syndicaliste déguisé en sociologue !". Vous êtes transparent mon pauvre vieux. Eh, je plaisante (mais pas que) ;-)

Parce que c'est parano de dire que les bobos sont le résultat de l'éducation de masse (qui crée effectivement une classe moyenne massive, comme le disait Mendras). Les paranos seraient plutôt les beaufs qui croient au complot bobo, alliés à la haute finance avec la complicité du PS.

NB. L'analyse des erreurs concerne simplement l'analyse empirique des productions. Ce que je fais ici aussi.

On notera aussi qu'il croit que j'utilise sa propre méthode : "Vous avez la réponse avant d'avoir lu". On peut s'apercevoir facilement que j'ai lu les livres que je commente.

Sur Bourdieu, je n'ai pas dit qu'il était un syndicaliste déguisé en sociologue, mais qu'il essayait sans doute de faire plaisir à son public (pour faire accepter la sociologie qui avait mauvaise presse à gauche) et que sa thèse de l'absence d'opinion personnelle concernait la dépendance à la ligne du parti. Un bon exemple de ce comportement, qui n'ose pas parler tant que le parti n'a pas dit ce qu'il fallait dire, se trouve dans le Retour d'URSS, de Gide.

31/05/2014, 01:07 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de PIERRU le 30/05/2014 à 21:11

Ben, je vois que vous, au moins, vous discutez. MDR!

Comme je l'ai dit, le ressentiment est un vieux truc (outre la psychologisation, pour ne pas dire la psychiatrisation : vous êtes donc psychiatre aussi, il n'y a pas que moi comme intello total). C'est celui des aristos nietzschéen contre la république et la démocratie (voir Scheler). Ce qui a effectivement un rapport avec le rejet des bobos démocratiques par les beaufs réacs. C'est ça, le fascisme.

Sinon, effectivement, les universitaires parlent de pluridisciplinarité, moi je la pratique : chacun son niveau de compétence. Et justement, je n'ai pas la réponse avant d'avoir lu. C'est parce que je lis complètement et sérieusement les bouquins et les articles dont je parle. Je suppose que vous faites ce que disait Bourdieu de certains, vous ne lisez que les préfaces, et vous ne répétez donc que la doxa.



31/05/2014, 07:30 | Par PIERRU en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 31/05/2014 à 01:07

Pensez à prendre vos cachets ce matin, cher Jacques. La dernière fois que vous les avez oubliés, vous avez croisé Bourdieu et Boudon sortant de vos toilettes main dans la main... Ce qu'il faut pas voir quand même !

PS : je ne lis pas les 4èmes de couverture car je suis un imposteur total : j'ai réussi à être chercheur sans savoir lire.

Ouf, ça se détend un peu.

31/05/2014, 12:41 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de PIERRU le 31/05/2014 à 07:30

"Je ne lis pas les 4èmes de couverture car je suis un imposteur total : j'ai réussi à être chercheur sans savoir lire."

C'est ce qu'on peut constater.

Comme on peut constater que c'est vous le commissaire politique qui gère un asile psychiatrique, ce qui était la norme à l'époque que vous n'avez pas connue, et que vous perpétuez.

Je dois avouer que c'est ce genre de fait d'observation qui m'a un peu surpris chez les lecteurs de Médiapart - bien que j'aie eu comme hypothèse initiale qu'on ne change pas vraiment. Mais constater que j'avais raison à ce point est sans doute ce qui m'a donné ce style que vous appréciez tant pour lui consacrer autant de temps. Ce dont je vous suis reconnaissant. Vous êtes un sujet intéressant, dans le cadre de ma spécialité !



31/05/2014, 16:52 | Par PIERRU en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 31/05/2014 à 12:41

Contrairement à vous, je ne porte pas de jugement à l'emporte-pièce sur les gens en déployant toute ma panoplie de stéréotypes (sur l'université, etc.). Bref, je lis (ici vos papiers, puisque vous m'avez suggéré de le faire) et je me fais une opinion. Et si vous pensez que vous n'insultez pas les gens, ça en devient effrayant. Quant au fait que vous ressortiez renforcé dans vos opinions de cette discussion animée, je dois dire que je ne suis guère surpris... Pour sûr, le doute ne vous habite pas pour proférer de tels propos avec une telle assurance. Restez donc bien au chaud dans vos certitudes qui, néanmoins, ne sont pas aussi douillettes que vous le prétendez...

PS : oui, je suis enseignant et à ce qu'il paraît plutôt très bon... Surprenant hein ?

Oui. Et j'émets des jugements parce la pensée concerne la faculté de juger.

De telles réactions révèlent qu'on touche à un tabou. En fait, de "jugement à l'emporte-pièce sur les gens", il s'agit d'oser critiquer un auteur consacré (on voit ici que certains n'ont pas l'habitude). Mais je ne parle pas de sa personne, comme le fait Pierru à mon égard (facilement constatable), mais de leurs productions (facilement constatable aussi). Je généralise (un peu trop) parce que je considère qu'il s'agit du contexte dans lequel certains baignent, et qui les produit. Ce qui déclenche cette levée de bouclier polluée par le corporatisme. Ce dont je me fous.

Et ça continue, en s'attaquant à l'imprudent MelGriLab.

30/05/2014, 21:44 | Par PIERRU en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 30/05/2014 à 19:25

Quand le militant PS en perdition et en mal de provoc' prend la défense du parano narcissique... On aura tout vu sur Médiapart. Allez vous coucher. Mais pour une réfutation, vous pouvez lire ce fil... Vous pourrez pas dire que j'ai pas fait d'effort. Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. Mais les insultes ça va bien comme ça... Quand on me cherche, on me trouve. Au passage je vous donne un petit passage qui vaut son pesant de cacahuètes d'un écrit de notre Génie National méconnu :

"Plus académiquement, Boudon a pu se méfier un peu et me considérer comme incontrôlable. Il n'a pas eu tort sur ce point. En l'occurrence, c'est moi qui n'ai pas insisté. Mon problème, au fond, est que je considère que les universitaires ne sont pas très sérieux avec toutes leurs petites mesquineries habituelles. Je m'étais inscrit avec Boudon parce que je le trouvais au-dessus de ça dans ses écrits. À cette époque, j'avais surtout considéré que sa réaction avait été trop académique sur la question des sobriquets (outre quelques irrévérences possibles). Réflexion faite, c'est peut-être moi qui étais le plus académique des deux. J'aurais peut-être dû argumenter au lieu d'être vexé qu'on n'ait pas reconnu l'intérêt de mon travail, avec d'aussi piètres remarques !"

Fascinant non ? Je vous conseille la lecture intégrale : http://www.exergue.com/h/2013-04/tt/deces-boudon.htm. Boudon n'a rien compris au génie de Bolo – grâce à ce dernier, spécialiste et pionnier des sciences cognitives (sisi, Herbert Simon lui a tout piqué) on sait que le premier avait des capacités cognitives limitées, i.e., en termes ordinaires que Boudon était un peu simplet sur les bords, voire même au milieu –, et comme c'est un universitaire, il était forcément mesquin. Au moins, ça permet d'envisager une psychothérapie pas trop longue... tant tout cela est transparent.

C'est qui disait : "Vous rabattez les sciences sociales sur des lignes politiques pures et simples". Ici, c'est beaucoup plus simple : "Toi, le mec du PS, ferme ta gueule. Tu es sur Médiapart".

Sur Boudon, je dis que ma déception réside dans le fait qu'il m'ait simplement parlé des sobriquets pour désigner des programmes (et j'explique que c'est l'usage. Il faut aussi le savoir). Mais le point important est que j'ai changé d'avis et que je soupçonne un désaccord sur le fond.

Il est bien évident que j'assume complètement ce que j'ai écrit. Et je conseille effectivement la lecture intégrale. Mais le procédé de Pierru consiste à l'orienter dans son sens. D'autant, évidemment, qu'il extrait ce qui l'arrange (croit-il) et qu'il falsifie au passage ce que je dis de Boudon, et je ne parle évidemment pas de Simon en ces termes (j'ai été victime de plagiat universitaire par un étudiant, évidemment pas par Simon). Pierru s'amuse (en calomniant pour semer le doute).

Sinon, c'est vrai que j'ai été "vexé qu'on n'ait pas reconnu l'intérêt de mon travail", comme je le dis. C'est ce que j'attendais de l'université... Mais ce n'est plus le cas.

31/05/2014, 06:54 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de PIERRU le 30/05/2014 à 21:44

Je ne suis pas membre du PS, mon brave ami. Je ne saurais donc être un militant PS en perdition. Et j'ai coutume de dire que le PS est le pire des partis (il est vrai que j'ajoute : à l'exception de tous les autres). Je suis allé me coucher à peu près au moment que vous m'en donniez l'ordre, bien que je ne vous lise que ce matin. La nature est bien faite, non ?

"Quand on me cherche, on me trouve" : chouette alors. Non seulement la nature est bien faite, mais elle procure d'immenses joies. "Oh, le beau cas !"

Merci pour vos conseils de lecture, ça a l'air fort intéressant.

Je vous laisse à vos passionnantes occupations. Passez un bon week-end studieux. Pensez à manger quelques carottes (bio si possible) : ça rend aimable.

Où certains s'aperçoivent de l'agressivité du bonhomme (c'est pas difficile non plus)...

31/05/2014, 07:06 | Par PIERRU en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 31/05/2014 à 06:54

Vous me faites rire de bon matin. C'est un bon début. On va finir copains, vous allez voir Clin d'œil

PS : je suis plutôt sympa, mais j'avoue que quand on m'insulte, gratuitement, alors que je suis toujours correct, même si parfois rugueux (un peu la Mélenchon hélas, dont je partage pas mal de traits de tempérament), j'ai tendance à sortir de mes gonds. Ce que je regrette parfois aussitôt.



31/05/2014, 08:30 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de PIERRU le 31/05/2014 à 07:06

Quand vous ai-je insulté ? Je m'en repens d'avance ; mais où et quand ?

Toujours correct ; ah ça oui : "allez vous coucher" et autres gracieusetés... Ce que je regrette parfois aussitôt.

Est-ce le cas cette fois ? Si oui, l'incident est clos.



31/05/2014, 09:02 | Par PIERRU en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 31/05/2014 à 08:30

Vous m'avez mal compris... Je parlais de la rudesse de mes échanges avec le camarade Bolo. Vous suggériez que je n'étais pas aimable et donc je vous expliquais pourquoi... Le sieur Bolo a l'insulte facile. Et autant je considère que l'on peut avoir le débat vigoureux, autant ce dernier se doit toujours d'être courtois.

Et on sait que Mélenchon est aussi courtois que Radio Courtoisie.

31/05/2014, 13:13 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de PIERRU le 31/05/2014 à 09:02

Si vous regardez bien, je ne vous ai pas (vraiment) insulté. C'est vous qui avez parlé initialement d'insulte à propos des termes "beauf" et "réac" pour le sujet qui nous occupe. Ce qui relevait plutôt de l'utilisation des termes usuels (ethnométhodologie basique) pour le sujet dans l'opposition aux "bobos" comme insulte.

Par contre, relisez-vous. C'est bien vous qui m'avez traité de tous les noms. Et j'en déduis que c'est une réaction religieuse face à un blasphème. J'ai par exemple parlé de l'erreur du pape Benoît XVI (cf. "Raison et Religion"). Un croyant fanatique pourrait dire : "quoi, il se croit plus intelligent que le pape" (parce que vous avez oublié la théologie dans mes nombreuses spécialités). Eh bien, vous vous comportez de la même façon quand je critique Bourdieu. Vous procédez uniquement sur le principe d'autorité, qui n'a évidemment aucune valeur en science (principe élémentaire). C'est une réalité malheureusement assez présente dans l'université, ce qui la discrédite complètement. Certes, on pourrait sauver quelques individualités, ou simplement le travail réel accompli (et dont je me sers en étant reconnaissant à ceux qui le produisent), mais le problème est la lâcheté qui les fait aussi se soumettre au groupe, comme la Grande muette ou l'Eglise, comme on sait. Ce que montre d'ailleurs l'affaire du plagiat de mon livre sur l'intelligence artificielle (autre spécialité).

Le pb est simple : vous vous prétendez chercheur (ce qui correspond au fait que MGL vous reproche de ne pas argumenter). J'espère que vous n'êtes pas enseignant. Sinon, vous diffusez ce que vous croyez être des connaissances, mais qui ne sont que des dogmes et du conformisme. On voit le résultat. C'est l'état actuel de l'université.

Outre le fait que j'avais oublié qu'il était un très bon enseignant (puisque c'est lui qui le dit), je parle bien du fait de citer Bourdieu sans admettre d'en réviser la portée en le contextualisant, comme je le faisais.

31/05/2014, 16:55 | Par PIERRU en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 31/05/2014 à 13:13

Vos propos sont un tel fatras de thèmes, de notions, de références et de préjugés que ça en devient épuisant à la longue. Ne vous inquiétez pas pour moi, je me débrouille avec mes faibles capacités. Bonne continuation. J'entendrai sûrement parler de vous un de ces jours lors de l'annonce de la remise des prix Nobel (il reste une incertitude sur la discipline tant vos dons sont tout-terrain).



31/05/2014, 17:19 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de PIERRU le 31/05/2014 à 16:55

En fait, votre discours est un discours d'instit qui corrige un élève. Mais je ne le suis pas. Le pb est que certains ne savent pas discuter avec des adultes, dont la particularité est précisément d'avoir d'autres connaissances qu'eux et qui ne leur sont pas soumis. (pb initial de la particularité des bobos éduqués selon ce que j'en disais)

Vous restez dans le cadre passé d'une petite élite éduquée. Au passage, je vous signale que j'en faisais partie, vu mon âge, contrairement à vous qui n'avez pas connu cette époque. Et vous croyez pouvoir bénéficier de ce qui était déjà une imposture (l'opposition à l'époque était avec les autodidactes, dont l'élite ouvrière des syndicats par exemple).

Etudiez mieux la question (avec les éléments que je vous ai donnés) au lieu de considérer autrui comme l'ignare que vous êtes vous-même. Si vous vous croyez d'une méthodologie supérieure du seul fait de votre statut, considérez-moi comme un informateur indigène sur une période que vous ne connaissez pas. Cela s'appelle l'expérience sociale, et cela aurait dû être le travail de Bourdieu de la comprendre. Mais vous êtes bien la preuve vivante qu'il a échoué.

CQFD. Comme on disait à l'époque (et que vous avez utilisé à mauvais escient parce que vous ne savez pas ce qu'est une démonstration).

Aurais-je convaincu Pierru des vertus de la notation empirique des erreurs ?

31/05/2014, 19:01 | Par PIERRU en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 31/05/2014 à 17:19

"Ignare", "imposteur", "lèche-botte", etc. Je n'en peux plus de vos insultes. Vraiment. Salut.



31/05/2014, 23:47 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de PIERRU le 31/05/2014 à 19:01

Pour vos insultes :

"aussi prétentieux qu'inepte", "âneries",. "Un con ça ose, c'est même à ça qu'on le reconnaît", "imbécillité rare, bourré de contresens et de hors sujet" "pas loin de l'asile", "juste ridicule", "vos billets sont juste hilarants de prétention sentencieuse", "Bolo(sse)" [niveau recherche!!!], "petit commissaire politique", "parano narcissique", etc. et la négation de TOUT ce que j'écris parce que j'ose critiquer Bourdieu (preuves à l'appui).

Et pour vos (rares) arguments (contrairement à la débauche d'insultes) :

"Ce que vous dites sur le publish or perish est un pur fantasme dans la mesure où cette injonction ne s'impose, inégalement et à petits pas, que depuis disons la fin de la première décennie 2000 (mais votre culot ne manquera pas de dire que j'ai tort bien qu'étant aux premiers rangs pour le voir)."/P>

je vous rappelle : Benjamin Matalon , Gérard Lemaine "La lutte pour la vie dans la cité scientifique", Revue française de sociologie (déjà en 1969!!!)

On voit le niveau de compétence.

Il faut noter que cette évidente mauvaise foi sur la question des insultes a le précédent de Bourdieu lui-même, qui n'était pas tendre avec les journalistes dans son livre Sur la télévision : "fast-thinkers" (p. 38), "ratés ou en voie de le devenir" (p. 73), que j'ai commenté dans un autre article. J'y notais que : "Bourdieu va jusqu'à avouer benoîtement que "son rêve est que la sociologie devienne comme [...] les mathématiques [...] un champ dans lequel les producteurs n'ont pour clients que leurs concurrents. [...] Malheureusement, tout le monde s'en mêle." (p. 71)". Dérive élitiste de notre "homo academicus" national.

On peut trouver cet élitisme en contradiction avec l'aveu du populisme de Pierru, dans un autre échange :

29/05/2014, 20:15 | Par PIERRU en réponse au commentaire de puramole le 29/05/2014 à 19:27

[...] Je suis juste énervé par le racisme de classe qui s'exprime désormais ouvertement à gauche au nom de la critique de la pensée de droite "anti-bobo". Je n'y peux rien, ma sympathie ira toujours plus aux classes populaires qu'à la bourgeoisie intellectuelle, dont je fais partie. Je n'y peux rien. Ce monde ne me fascine pas plus que ça.

Difficile de comprendre la logique du mépris que manifeste Pierru à mon égard (voir "l'intellectuel assis") dans ma critique de l'université, qu'il ne faut pas confondre avec ce populisme illusoire (que j'interprète comme un archaïsme en référence au temps où il fallait guider les masses incultes). Je reproche précisément aux universitaires de ne pas faire leur travail de diffusion des connaissances, spécialement du fait de l'existence d'un public cultivé : entre 1960 et 2000, le nombre d'étudiants et de professeurs d'université a été multiplié par sept (voir "Génération X contre Baby-boomers").

On voit que l'attaque populiste contre les bobos (dans la lignée de Michéa) au nom des prétendues classes populaires correspond à un anti-intellectualisme assumé, sans doute par nostalgie ouvriériste. Ce qui repose sur une fausse analyse (car ces classes populaires concernent plutôt les immigrés), comme si ces sociologues voulaient justifier les dérives populistes plutôt que les comprendre (comme Bourdieu excusait les classes populaires d'être réacs, déjà dans les années 70). On peut y voir une relation avec un autre texte de Bourdieu que j'ai critiqué, et où il mentionne lui-même la question de l'échec des élèves populaires par auto-exclusion. J'avais précisé qu'une des raisons (outre le réalisme résigné) était l'injonction ouvriériste traditionnelle de « ne pas trahir sa classe » qui constitue un sérieux handicap à surmonter.

Une réussite scolaire ou professionnelle revient à se séparer volontairement de son groupe d'origine. Dans d'autres échanges en ligne, j'avais mentionné les films américains Working girl (1988) ou Will Hunting (1997), qui évoquent explicitement ces conflits intérieurs. Ce phénomène « de classe » existe donc aussi en Amérique contrairement au stéréotype assumé du rêve américain de réussite individuelle.

Pierru, tout en se prévalant simultanément de son autorité et de son origine populaire, s'en sert pour exclure toute lecture critique des auteurs canoniques en dénigrant la totalité du travail d'autrui. C'est un mélange de défense du parti et de la corporation. Je maintiens l'explication de ce phénomène en termes de transgression de tabou. Comme le dirait Bourdieu : « je n'ai pas les codes ». On peut dire que je ne respecte pas La règle du jeu (Renoir).

Contre ce blasphème, Pierru utilise tous les procédés rhétoriques, y compris celui de dire que je l'insulte alors qu'il se livre lui-même à des attaques personnelles délirantes. Elles seraient inexplicables autrement que par cette transgression que constitue ma critique contre certaines pratiques académiques. On peut m'accuser de généraliser. Mais cela concerne un comportement précis. Du fait de la fameuse « reconnaissance par les pairs » (souvent du copinage dans la pratique), la responsabilité sur les carences est bien collective, surtout quand elles sont connues et tues ou minimisées. Les réactions corporatistes de toute institution y contribuent. On parle bien de sociologie, non ? D'ailleurs, Pierru est nouveau sur Médiapart, sinon il saurait que, d'habitude, je ne me prive pas de traiter de « pauvre con » ceux qui me semblent le mériter. Et je ne m'explique pas de ne pas l'avoir fait dans son cas.

Il est bien évident que je réaffirme totalement l'exigence de l'analyse critique des textes canoniques, comme je l'ai entrepris récemment, dans la continuité de mon projet avorté de doctorat avec Raymond Boudon. Je considère qu'une remise à plat critique est nécessaire (de façon régulière). Sinon, on répète des choses fausses sans les avoir lues, ou sans les comprendre, et plus vraisemblablement par conformisme et lâcheté (voir aussi le texte de Jouffroy, Comment les dogmes finissent). Pierru invoque les citations (internationales) du texte de Bourdieu contre mes articles. Cela montre qu'il ne comprend pas que je dis la même chose que les références qu'il indique lui-même (« notion de compétence politique »).

L'examen critique est statutairement la condition de la recherche. Le simple fait qu'on doive le discuter montre la dégradation de l'université. Ce n'est pas un préjugé, mais un constat qui me désole. Il n'est pas question que je me comporte de cette façon, et j'ai décidé récemment de me consacrer à cette activité le plus possible, dans la mesure où mes moyens me le permettront. Je regrette seulement de ne pas avoir commencé plus tôt.

Ma position est claire. Ces pratiques négatrices de toute possibilité de critiques non estampillées (ou trop polies pour être honnêtes) sont une forfaiture académique qui discrédite l'université (CNRS, etc.) dans son ensemble. La responsabilité collective n'est pas celle de l'institution. C'est un discours mystique qui relève d'une sociologie holiste. C'est la servilité des interactions quotidiennes des acteurs qui tolèrent ces comportements qui produit la régression vers une société de castes archaïques. L'institution universitaire devrait se réformer sur ce point sous peine de fonctionner sur le seul principe de sectes partisanes qui se cooptent et se partagent les postes.

La déstalinisation a commencé. L'excuse de Pierru est qu'il n'a pas connu cette époque. Son erreur, c'est que lui et de nombreux contributeurs de Médiapart se comportent comme si cette époque n'était pas révolue (du fait de la hausse massive du niveau scolaire). Ce qui constitue, précisément, une forme de déterminisme de ce que Bourdieu aurait pu appeler l'habitus populiste, s'il n'avait pas été lui-même victime de ce contexte.

Au passage, on peut observer que c'est en examinant soigneusement les erreurs dans les énoncés constatés qu'on peut produire des explications intéressantes.

Jacques Bolo

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