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Écologie - Janvier 2010

Cécile Duflot aux Maldives

Certains écolos purs et durs, informés par le Canard Enchaîné du 23 décembre 2009, ont reproché son séjour aux Maldives à Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts et tête de liste d'Europe écologie aux régionales en Ile-de-France. Ça devait arriver. L'écologie a un peu tendance à ouvrir la boîte de Pandore des emmerdeurs qui font dans la surenchère permanente. On lui avait déjà reproché son retour en avion de la conférence sur le climat de Copenhague, après un trajet aller en train.

Cécile Duflot s'en est défendue en disant qu'il s'agissait d'«un cadeau personnel, une surprise» de son compagnon. Ce qui est un peu bizarre comme excuse : il aurait pu aussi lui offrir un 4x4. D'autant que le prétexte aurait pu être tout trouvé. C'est une femme politique qui aurait pu justifier un voyage d'étude sur le sujet crucial de la montée des eaux dans l'océan Indien. Mais Cécile Duflot est honnête (et un peu midinette) : elle a le droit à des vacances et « de rêver aussi de partir en tête-à-tête».

L'écologie utilise pourtant très souvent ce genre d'arguments en parlant d'actions quotidiennes pour des choses qui sont du registre de la vie personnelle. Car la consommation fait bien partie du registre de la vie personnelle. Le problème écologique actuel est précisément lié à la généralisation du mode de vie des personnes les plus riches, sans oublier les publicités vivantes pour les voyages extrêmes que sont Nicolas Hulot ou Yann Arthus Bertrand. Ne parlons même pas de l'empreinte carbone du sommet de Copenhague comme gaspillage de temps et d'énergie.

Les écologistes ne semblent pas être conscients que l'écologie dépend entièrement de la technologie que certains d'entre eux condamnent. Et il en découle que tous les autres discours sont donc, soit de la pure rhétorique ou des accusations réciproques pour ne rien faire, soit du puritanisme dangereux qui ne se rend pas compte de ce qu'implique une société de contrôle tatillon total.

Je ne crois pas à la possibilité de limitation volontaire et universelle de la consommation. Et l'on voit ici que même la dirigeante des Verts ne semble pas comprendre que son comportement concerne la question de la généralisation de l'augmentation de son niveau de vie (puisqu'il est question de sa vie privée).

C'est pour cette raison que j'ai envisagé précédemment la solution malthusienne globale. Je ne vois pas d'autre alternative. La population globale est une variable sur laquelle on peut agir. À l'échelle d'un siècle, elle peut être totalement contrôlée (de zéro à presque l'infini). Il n'y a aucune raison de considérer sa croissance, ou même sa stagnation, comme le seul modèle. Les questions écologiques dépendent entièrement du niveau de consommation total. Il en découle que la décroissance de la population est immédiatement productive. Alors que la décroissance de la consommation, surtout avec une population qui augmente, suppose le maintien de la pauvreté de la majorité de la population.

Jacques Bolo

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