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Politique - Août 2013

Quelle paix en Syrie ?

Résumé

Hé, les mecs, c'est arrêter la guerre civile le problème !

Comme je l'avais écrit dans mes articles précédents sur la Syrie et les révolutions arabes, on peut considérer que la guerre civile actuelle a commencé par un malentendu du même genre que celui de Tiananmen en Chine. Des réformateurs  enthousiasmés par les nouvelles internationales (la chute du mur de Berlin pour la Chine) pensent que leur pays est mûr pour les réformes. Le régime autoritaire local réagit mollement au début, puis se braque, et ça dégénère. J'ai aussi parlé ailleurs du passage de l'émeute à la manifestation, qui a une histoire, et n'est pas donné d'emblée comme on pourrait le croire.

La véritable question n'est pas l'usage ou non d'armes chimiques. Le jeu sur les symboles a des limites. Outre la question de savoir qui les utilise, cela signifie que l'armée d'Assad peut continuer à tuer avec les armes conventionnelles, mais n'a pas le droit d'utiliser des armes de destruction massive. Il n'est pas non plus très réaliste d'espérer qu'un pouvoir acculé n'utilise pas tous les moyens disponibles.

Comme je le disais : « Les insurgés se sont trompés sur la détermination d'Assad et sur la réaction de l'Occident. Une des raisons de l'erreur est évidemment la conséquence du précédent libyen. Le président Assad n'avait pas envie de finir comme Kadhafi. » Je soulignais aussi que les Russes (et les Chinois) se sont fait avoir par l'OTAN la fois précédente, mais la Russie ne veut surtout pas perdre sa base navale, dernière implantation en Méditerranée (au point que j'avais envisagé que certains peuvent jouer à continuer la guerre froide). Il suffirait d'ailleurs à la Russie de soutenir militairement son allié syrien pour empêcher l'intervention et affirmer sa puissance. C'est peut-être le piège dans lequel sont tombés les Occidentaux.

La solution n'est pas de « punir Assad » par des frappes prétendument chirurgicales dont le but est évidemment d'affaiblir le camp gouvernemental. Ce qui n'a pas trop de sens (outre le désastreux vocabulaire colonial)  si on déclare qu'on ne vise pas son départ. Comme pour le Mali, ça peut servir d'entraînement pour les soldats et de démo pour les ventes d'armes. Mais les guerres recèlent toujours une part d'incertitude quand les adversaires résistent bêtement. Et l'opinion occidentale sera plus sensible aux pertes militaires qu'aux ratios dont se contente le haut commandement.

La véritable question est bien celle que je posais il y a un an. C'est « de savoir comment arrêter une guerre civile ? » La Syrie est à feu et à sang, les villes sont détruites, le front est plus ou moins stabilisé, comme le montre une carte du Wikipédia anglophone :

Guerre civile en Syrie

Les deux camps sont armés. Ils ne vont pas faire comme si la guerre civile n'avait pas fait 100 000 morts et rentrer chez eux en rendant leurs armes au gouvernement. Une guerre civile mettra du temps à s'oublier.

Le travail de l'ONU ne devrait pas consister à justifier les interventions et les plans comm de présidents sans pouvoirs face à la mauvaise conjoncture économique, tandis que les médias poussent au crime pour avoir de belles images à rediffuser pendant trente ans.

La solution est simple. L'ONU pourrait superviser la partition du pays, en déplaçant les populations des réduits enclavés, en rapatriant les réfugiés, et en envoyant des Casques bleus sur la ligne de séparation sur la base de la carte ci-dessus. Le pays restera divisé de toute façon. Autant le reconnaître et entériner internationalement la situation en espérant que le processus de reconstruction permettra de ressouder des liens.

Jacques Bolo

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