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Économie / Cinéma - Janvier 2012

Godard et la solution à la crise grecque

Résumé

La blague de Godard sur les droits d'auteur des apports grecs à la civilisation nous donne une idée de solution pratique simple à la crise grecque.

La revue Internet Slate nous fait partager les lumières de Godard qui, dans une interview du Guardian, du 12 juillet 2011, « Jean-Luc Godard: 'Film is over. What to do?' » outre ses nouvelles théories sur le sampling cinématographique, nous propose une solution originale à la crise grecque. Comme les Grecs, avec Aristote, nous ont donné la logique, il suffit de payer des royalties à la Grèce chaque fois que nous utilisons le mot « donc » dans nos raisonnements et la Grèce sera sauvée.

Il plaisante. Godard n'est pas très logique avec lui-même puisqu'il qu'il est contre le droit d'auteur. Il le réaffirme dans le même article à propos du sampling, comme il l'avait dit dans un autre article « Le réalisateur Jean-Luc Godard se déclare anti-Hadopi » publié par Olivier Robillart le 19 mai 2010 : « Un auteur n'a aucun droit. Je n'ai aucun droit. Je n'ai que des devoirs. Je suis contre Hadopi, bien sûr. Il n'y a pas de propriété intellectuelle. » De là à dire que l'illogisme est la cause de la crise grecque, il n'y aurait qu'un pas que je serais tenté de franchir.

Mais l'idée n'est pas si idiote, si on lui enlève toute la confusion qui fait de Godard « le roi du montage ». C'est ainsi qu'on peut qualifier l'absence de lien logique, « parataxe », qui caractérise son cinéma. Il ne veut pas nous raconter d'histoire, comme il le revendique en faisant de nécessité vertu. C'est son problème... et celui de ses spectateurs !

La situation actuelle de la Grèce, comme je l'ai indiqué ailleurs, réside dans le fait qu'elle ne possède pas de secteur où investir pour utiliser les aides de l'Europe. Le tourisme bon marché subit la concurrence de la Turquie, le tourisme de luxe et culturel celui de la France, de l'Italie, et des nouveaux pays du monde qui s'ouvrent aujourd'hui. Les faibles moyens du pays ne lui permettent pas de concurrencer les nouvelles puissances. Les créneaux impersonnels de casinos ou de complexes de loisirs géants lui feraient perdre ses avantages culturels traditionnels. Le pays est limité géographiquement. Les jeunes ne trouvent pas de travail à la mesure d'une population éduquée.

Dans ce contexte, un facteur aggravant est précisément le recul de la culture classique. La langue grecque n'est plus apprise dans le cursus scolaire européen. La solution est toute trouvée. Il suffit pour la jeunesse éduquée d'émigrer quelques années, avec éventuellement le soutien de l'Europe, pour renouveler la diffusion des études de langue grecque classique. C'est un projet culturel qui pourrait recevoir l'approbation générale de tous les pays qui s'inquiètent de la baisse de niveau culturel. Il en résultera un renouveau du tourisme de haut niveau qui procurera une rente éternelle au pays.

C'est sans doute, inconsciemment (ou confusément), ce que voulait proposer Jean-Luc Godard. Je n'ai fait que traduire (tel Champollion grâce à la pierre de Rosette). Et si ça marche, je mérite bien des cours de grec ancien et moderne avec séjour illimité gratuits à vie dans le pays.

Jacques Bolo

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