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Un influenceur armé devant un commissariat taïwanais se fait tirer dessus par le détective Chen Chia-jen sous les yeux des caméras. Ce flic à l'ancienne devient instantanément célèbre et attaqué par la communauté en ligne du jeune influenceur de ce pays hyper-connecté.
Cette mini-série taïwanaise est elle-même filmée en mode Instagram nerveux, tandis qu'une mystérieuse « sorcière Baba » annonce des morts prochaines sur les réseaux sociaux. Effectivement, d'autres influenceurs se font tuer. Et le vieux commissaire confie malgré tout l'enquête à Chen, flanqué d'une jeune policière spécialiste d'Internet, Li Hsin-ping. On reste dans une configuration narrative classique.
Wei parvient à obtenir pourtant la collaboration du milieu des influenceurs, inquiets de la tournure des événements. Des flash-back fréquents montrent aussi un drame survenu dans la famille du policier et un peu plus tard, sa fille You-jie se trouve aussi mêlée à l'enquête de son père. Ce mélange des affaires privées avec l'intrigue est une facilité fréquente des scénaristes de séries télé (françaises en particulier). Objectivement, ça n'apporte généralement rien à l'histoire que les deux personnages soient liés entre eux par un passé commun et familial, sinon que la hiérarchie policière devrait dessaisir l'enquêteur et qu'elle ne le fait pas. Les tensions avec la hiérarchie est un autre truc dont les séries abusent.
Le fait que la mini-série ne s'éternise pas, comme le font les maxi-mini-séries coréennes est une bonne solution. Mais sur le principe, ça reste une seule histoire décomposée en huit chapitres, plus que des épisodes indépendants. Ce qui correspondrait quand même à un film d'un peu moins de six heures sans les génériques intermédiaires. Je me suis déjà demandé si les cinéastes savent encore faire des films d'une heure et demie, comme avant, sans parler des séries d'une demi-heure avec une histoire complète par épisode.
Le rythme soutenu avec de nombreux rebondissements est finalement une bonne surprise et les acteurs sont convaincants. On s'habitue au rythme effréné mode stories qui surprend ou agace un peu au début. Sans doute l'enquête par un flic rétro calme-t-elle le jeu. Malgré les procédés classiques des séries ou films policiers, c'est assez agréable de tomber sur ce nouveau contexte taïwanais, qui donne envie de voir d'autres productions locales.
Jacques Bolo
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