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Humour / Sciences - Janvier 2013

Où il est démontré que Paul Dirac est un con...

Résumé

Etienne Klein ferait mieux de parler aussi peu que Paul Dirac au lieu de compter les moutons pour nous endormir.

Le matin du 17 janvier 2013, sur France culture, le physicien Etienne Klein tenait sa chronique du jeudi sur « les moutons de Dirac » qui seraient censés concurrencer le chat de Schrödinger dans la ménagerie de la physique théorique.

Après une intro convenue sur le fait de « twitter pour ne rien dire » et « d'une polyphonie de l'insignifiance » en prétendant se « placer à contre courant de cette tendance au bavardage » (ce pourquoi, sans doute, il tient chronique tous les jeudis sur France culture), Etienne Klein évoque « un physicien qui fut un champion olympique en matière de discrétion verbale, un type pour qui on ne doit parler que pour dire des choses vraies » (comme la médaille d'or de la discrétion !). Faites ce qu'il dit, pas ce qu'il fait.

Paul Dirac était un type bizarre, limite asperger (d'où son génie sans doute), qui répondait par monosyllabes ou par sentences (pseudo) logiques. Bref [hommage à Dirac], Klein raconte une anecdote sur un voyage en train de Dirac avec le physicien Pauli qui, pour tenter d'ouvrir la conversation, lui montre par la fenêtre des moutons en disant : « On dirait que ces moutons ont été fraîchement tondus », et Dirac de répondre : « Oui, au moins de ce côté-ci ! » Dirac était-il un comique ?

Ben non. Klein nous fait un cours : « En général, à partir d'un point de vue partiel sur un objet, nous tirons une conclusion qui porte sur l'intégralité de l'objet. » Ouais ! Tu devrais te diraquiser, ma poule ! Tu éviterais la « polyphonie de l'insignifiance » en parlant du long chemin de Dirac vers l'antimatière à partir de ces invariances qui fondent notre jugement à partir d'éléments partiels.

Quand on voit des moutons (fraîchement) tondus, on ne peut pas vraiment supposer que leur propriétaire les a tondus que d'un côté uniquement parce qu'on n'en voit qu'un côté. D'autant, qu'il faudrait admettre aussi qu'ils se sont miraculeusement tous disposés de façon à être vu du côté tondu (côté ensoleillé ?). Il s'agit de connaissances sur le monde. Appelons ça des invariants. Mais pas besoin d'équation ou de prix Nobel pour maîtriser ce raisonnement. Quel con, ce Dirac !

À la rigueur, la loi psychologique peut s'exprimer ainsi : on peut concevoir les équations comme une façon d'extérioriser les comportements intellectuels qui ne sont pas acquis naturellement. Autre façon de dire que les intellectuels sont tous des aspergers qui essaient de le compenser. Je m'en doutais bien un peu. Mais j'avais besoin de le formuler.

Jacques Bolo

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